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La quatrième de couverture sur le
site de léditeur :

« Elle passait sous un porche. Sur le mur, en face d'elle, un dessin au pochoir représentait une femme de bande dessinée, décolletée, arrogante et brune. En dessous était écrit : Il est regrettable de ne pas essayer de retenir un peu ce qui s'enfuit. "Ce qui s'enfuit", relut Lydia Kaddish. La femme ressemblait à Florence, avec son air sophistiqué, ses cheveux noirs et lisses. C'est bien son style, pensa Lydia Kaddish, mais maintenant, elle est certainement colorée. Ses racines sont beaucoup trop noires. Probablement cette gamme de L'Oréal avec une crème adoucissante et du jus de pamplemousse pour ce qu'ils appellent l'"effet brillance". Mais elle ne devrait pas ; ça durcit le visage. Je n'ai pas osé le lui dire. Florence, elle, n'aurait pas tant de scrupules. De toute façon, elle n'avouerait pas qu'elle se teint. Elle tient à sauvegarder les apparences, faire comme si rien n'avait changé. Tout Florence. L'idée qu'avec de la volonté, du travail... Et jusqu'au Panthéon qu'elle atteignit par des rues montantes et étroites, entre les immeubles vieillots aux portes vermoulues qui avaient toujours l'air humide, elle se répéta doucement : "Ce qui s'enfuit, ce qui s'enfuit, ce qui s'enfuit." »
Copyright 
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Cet ouvrage est le dernier roman de Dominique Barbéris, paru en 2005. Il est constitué de trois récits.
Le premier, scène sur la Loire est impressionnant de finesse et de virtuosité de langue sur la province et les rapports entre deux anciens amants qui se retrouvent.
Le deuxième égrène des souvenirs dAfrique (le Cameroun) et dune vie passée lors dune conversation entre deux femmes au bord dun lac Suisse.
Le troisième prend prétexte dun itinéraire dans Paris pour un retour dun personnage sur lui-même, avec une vigueur et un allant tout particulier. Cest un vrai plaisir de remonter la rue Mouffetard jusque vers la Sorbonne avec Lidya Kaddish ! (comme pour aller en cours).
Quelques critiques que nous avons pu récupérer :
(merci de nous en trasnmettre d'autres si vous en avez)
avec leur aimable autorisation
Le Figaro, no. 18865
Le Figaro Littéraire, jeudi 31 mars 2005, p. 3
des livres Copyright
Le vertige de l'introspection
mélancolique
Article paru dans l'édition du 17.06.05
Trois récits, trois femmes en quête des sensations perdues
Sauvegarder les apparences, faire comme si rien n'avait changé : c'est ce dont rêvent les trois femmes de Dominique Barbéris, héroïnes vouées à retrouver le parfum des heures douces d'antan, happer quelques émotions furtives, refuser d'admettre qu'il est vain de vouloir souffler sur la braise des sensations perdues.
Dans « Scène sur la Loire », un couple dîne dans un restaurant. Un homme et une femme qui s'étaient aimés étudiants et qui se sont mariés chacun de leur côté. L'homme a souhaité ces retrouvailles pour dire à la femme qu'elle aura tout gâché. Silencieuse, la femme est à l'affût d'autres échos : ce qu'éveillent en elle les nuages qui strient le ciel quand le doré vire aux teintes d'aquarelle, ce que l'orage menaçant ressuscite de leurs rendez-vous passés, ce que le noir provoque d'angoisse, « comme si un nerf ou un vaisseau avait craqué dans -sa- propre poitrine ». Elle se sent transparente et vieille, submergée par les pleurs quand elle se rend compte qu'elle est l'héroïne, avec son ancien amant, d'une pièce de théâtre jouée par des étrangers aux mains froides et crispées.
« Dans l'Oberland » met en scène une femme dont la mère est mourante et qui vient rendre visite en Suisse à une ancienne amie de l'agonisante. Elle découvre que cette Marie-Jeanne que sa mère avait connue rieuse reste troublée par une histoire d'amour mort-née pour un médecin disparu dans un accident d'avion. La nouvelle se termine dans le brouillard et suggère la dignité des veuves romanesques.
LA FRAGILITÉ DU CRÉPUSCULE
Clin d'oeil au Mrs Dalloway de Virginia Woolf, « Ce qui s'enfuit » suit une émigrée tchèque installée en France tout au long d'une journée ordinaire, l'achat d'un poulet pour le repas du soir, la remontée de la rue Mouffetard, une promenade dans le jardin du Luxembourg. A-t-elle fait le bon choix en préférant un époux stable au soupirant neurasthénique dont elle a aujourd'hui la nostalgie ?
Acharnées à vouloir dissiper les mystères de l'invisible et lutter contre la fragilité qui les prend à l'heure du crépuscule, ces trois femmes sont assaillies par des vagues d'émois et de hauts-le-coeur suscitées par l'observation de la nature, des cortèges de souvenirs remontés de l'intérieur. Peindre le vertige de l'introspection mélancolique en même temps que les résonances de la lumière, de l'ombre, sur une conscience en proie au désir de redonner des couleurs à la vie, c'est en cela qu'excelle Dominique Barbéris.

Copyright
Article paru dans l'édition juillet 2005 / août 2005
Professeur de stylistique et de grammaire à la Sorbonne, Dominique Barbéris s'est distinguée avec une poignée de romans dont l'inquiétant Les kangourous (2002) que la cinéaste Anne Fontaine vient de porter à l'écran avec Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde. Tout aussi réussi, Ce qui s'enfuit regroupe cette fois trois longues nouvelles, trois portraits de femmes au trait minutieux. En petites touches, en glissements successifs, Barbéris donne vie à des héroïnes tourmentées. Un couple d'anciens amants se retrouve à table dans un restaurant au bord de la Loire. Une jeune femme se rend en Suisse pour y visiter une ancienne amie de sa mère. Une autre songe qu'elle pourrait prendre un amant, refaire sa vie, obsédée par ce qui s'enfuit... Un travail d'orfèvre, tout en finesse, en subtilité. Un auteur à découvrir.

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